Une grande partie de la France est libérée depuis septembre 1944 et pourtant des poches de résistance subsistent 8 mois plus tard. Royan et la presqu’île du Verdon tiendront jusqu’au 20 avril 1945, l’île d’Oléron jusqu’au 1er mai !

« Tenir jusqu’au bout ».
Les allemands ont posé le pied sur l’île d’Oléron, le 29 juin 1940 et organisé leur défense dès 1941. A partir de 1942, pour faire face au risque d’un débarquement allié sur la côte atlantique, les fortifications se renforcent.
Lieu stratégique pour contrôler les passes qui mènent jusqu’au port de La Pallice (La Rochelle) et sa base U-Boot, mais aussi pour surveiller les navires qui croisent en direction de l’Estuaire de la Gironde, l’île sera très vite fortifiée. Si les Français n’ont pas développé après la première guerre mondiale de nouvelles batteries sur l’île, n’y déployant aucune défense moderne, les allemands, vont construire méticuleusement des batteries couvrant tous les axes d’approche.
L’occupant programme la construction de 32 points d’appui renforcés par 42 positions annexes dites « de campagne ». Le programme lancé avec les pionniers du Pio.Btl.181 dirigé depuis Rochefort par le Hauptmann Engelmann met en place dans un premier temps des positions légères. Dès mars 1941, certaines sont équipées d’obusiers provenant de différents champs de bataille, et notamment de Pologne (FK 97 de 7,5cm). Après janvier 1942, la main d’oeuvre est renforcée par des prisonniers de guerre venant du front de l’Est et des populations locales enrôlées de force.
Les plages se couvrent d’éléments défensifs, de tétraèdres, pieux, hérissons tchèques, … des champs de mines sont déployées un peu partout … Pourtant, en dépit d’une débauche d’énergie et d’une violence certaine, seuls 11 points d’appuis seront achevés.
Les directives d’Hitler sont claires, les poches sont organisées pour tenir jusqu’au bout, les forces déployées ne doivent pas lâcher une once de terrain.
En 1944, les services de renseignements allemands estiment que le danger devrait plutôt venir du continent et les allemands vont redéployer une partie de leur artillerie vers le sud de l’île. Et ils n’ont pas eu tord puisqu’après avoir libéré Royan et le nord de la Gironde, les forces françaises et alliées se regroupent au sud de l’île sur le continent, au niveau de la Seudre pour lancer l’assaut final.
Près de 1700 soldats enrôlés dans l’armée allemande campent dans toute l’île. Certaines positions ont dors et déjà été abandonnées, leur artillerie ayant été concentrée en direction du sud.
700 soldats à l’assaut de l’île
Le 30 avril au matin, des barges de débarquement alliées, soutenus par des navires civils mobilisés dans plusieurs ports de la côté aquitaine se lancent à l’assaut de la plage de Gatseau en plusieurs vagues. La résistance si elle existe ne sera pas acharnée et au prix d’une vingtaines de victimes, les alliés aidées par des contingents de résistants réussissent à libérer toute l’île vers 20h le 1er mai 1945.

L’île d’Oléron aura été l’un des derniers territoires français à avoir été libéré, à 7 jours de l’armistice.
Aujourd’hui un mémorial en retrait de la plage de Gatseau, témoigne de se jour où la libération d’Oléron fut lancée.
Un mémorial
Entre la plage de Gatseau et le parking, se trouve aujourd’hui un mémorial qui témoigne d’une premier point où les forces de libération ont mis le pied sur l’île le 30 avril 1945.
Il prend la forme d’un gros menhir avec une plaque commémorative.
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