Station Bernhardiner – Camp allemand de Ranchal (Col des Ecorbans)

Maillon de la ligne de radar de la vallée du Rhône, cette station devait permettre de surveiller l’approche d’avions alliés au sud de Macon. Cette station ne sera jamais opérationnelle.

De cette implantation il reste aujourd’hui peu de témoignages et des vestiges qui sont progressivement recouverts par la végétation.

Situation géographique

Le Col des Ecorbans est situé à une altitude de 825m. Le site du camp de Ranchal est situé un peu à l’écart en remontant le chemin vers le Col de Favardy. La mention « bunkers allemands » est précisée sur la carte d’information des randonnées. Le site est situé selon la cartographie IGN entre une altitude de 850m (bas du camp) et 873m (Point Bois de Lafay, premier radar).

Accès au site actuellement

Le périmètre du camp n’est pas clairement définissable aujourd’hui mais sa surface était de 3ha, entre 250 et 300m sur 150m de large. Il est alors établi sur une zone relativement peu boisée.

Construction

La construction va être supervisée par le Général Kammhuber qui y fera une visite lors d’une tournée d’inspection des différents sites en construction. Deux entreprises vont obtenir le marché de la construction : une entreprise locale, Mayat de Lyon et une entreprise parisienne, Lapalette. Cette dernière semble avoir été la seule habilitée à intervenir dans les phases finales de construction des installation. Dès la fin 1942, les premiers travaux de terrassement vont débuter et le coulage des premières dalles en béton. Mais il faudra attendre 1943 pour que les premiers matériels et les bâtiments préfabriqués y soient acheminés d’Allemagne par chemin de fer jusqu’à la gare de Belleroche. Les radars et leurs installations seront mis en place avant les bâtiments de la garnison. Les hommes arrivés en août 1943 logeront un temps dans des logements réquisitionnés à Ranchal.

Composition du camp

Le camp comprend un nombre de bâtiments et des équipements qu’on retrouve sur de nombreux sites, ici dans la vallée du Rhône mais aussi ailleurs en France. Contrairement à ce qui semble avoir été initialement prévu, seuls deux radars Wurzburg Riese, les modèles les plus évolués en 1943, furent installés, selon des témoins.  Leur couverture de 30km permettait d’assurer la continuité avec les stations adjacentes dont le signal se chevauchait. Ils reposaient sur des Regelbau V 229.

Soit :

  • deux socles Regelbau V 229 comprenant leurs tiges filetées pour l’accroche du socle du radar.
  • Plusieurs casernements et salles communes sur environ 1700m2, un abri souterrain intégré à l’un des bâtiments sur 50 à 100m2.
  • Un réserve d’eau potable de 17m3 (L3,4 x l3,4 x H3,2)  et un collecteur d’eau de pluie de 35m3 (L8 x l4,5 x H3)
  • un bâtiment d’alimentation électrique (65m2) avec une rehausse pour le raccordement haute tension. Devait contenir également des générateurs en cas de panne électrique. Il s’agit du seul bâtiment construit en dur, les autres étant en préfabriqué.
  • Un local pour les calculs des données radar (ZentralStellung)  accolé à l’un des casernements
  • Deux locaux ou dalles en relation directe avec les deux radars.

Rien n’indique avec certitude si la station sera un jour opérationnelle. Les allemands qui profitaient des approvisionnements locaux partirent un jour de la même façon qu’ils étaient arrivés embarquant tout leur matériel en juin 1944 sur des camions jusqu’à la gare de Belleroche.

La protection de la station n’était pas assurée par des constructions sur le site. Outre des positions de défense aérienne (Flak) situées sur les hauteurs alentour, ce type de station était aussi souvent protégées par des canons installés sur des camions offrant une plus grande mobilité.

Le site aujourd’hui

A l’instar des autres vestiges de cette époque, en absence de sauvegarde, il est progressivement recouvert par la nature. Le site qui était peu boisé à l’origine a laissé place à une forêt de culture.

On entre sur le site au niveau du premier bâtiment comprenant un large escalier, point de repère depuis le chemin qui monte vers le Col de Favardy. Cet bâtiment est vaste et adoptait une structure préfabriquée.

A côté se situe un second bâtiment comprenant un abri souterrain dont l’entrée intérieure est encore visible ainsi qu’une cheminée d’aération.

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2 Responses

  1. 12 septembre 2023

    […] Bernhardiner (code 342). Située au Col des Ecorbans à Ranchal (Rhône). Equipé de deux radars Wurzburg Riese, elle est construite courant 1943 avant d’êre abandonnée en juin 1944. Elle est sous la direction de la 17èmeCompagnie du Flugmelde-Leit Kompanie 51 […]

  2. 12 septembre 2023

    […] l’inverse de la Mornandière ou du site de Ranchal, le site a totalement disparu sous l’urbanisation et se situe maintenant sous le centre […]

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