Gi30 Pointe de Suzac « Köhn » HKB (AOK 1 KVA E1)

Etablie sur le site du Fort de Suzac d’origine française (XIXe siècle), la batterie Allemande « Köhn » est la dernière batterie de Charente-Maritime au nord de l’Estuaire de la Gironde et le dernier maillon du secteur Gironde Nord.

Poste de controle de tir, Regelbau 636a

Historique de la position

Le Fort de Suzac puise ses origines au XVIIe siècle mais ce n’est qu’à partir de 1807 qu’un véritable ouvrage défensif est construit avec son réduit et ses positions de batterie. Des modifications réalisées à la fin du XIXe siècle conduiront cependant à son désarmement avant le première guerre mondiale. En arrivant les allemands trouveront un fort désarmé qui a perdu son intérêt stratégique, les forts du Verdon et du Chay l’ayant remplacé.

Les allemands vont ainsi construire de premiers ouvrages en 1942, la batterie étant codifiée sous le matricule H.K.B 5./74 avant de devenir fin 1943 la H.K.A.A.1282 (1). Au moment où les alliés investissent la batterie à la libération elle est désaffectée depuis plusieurs semaines, l’artillerie ayant été renvoyée vers le front terrestre.

La position aurait connu une dernière amélioration en 1944 avant son désarmement par le remplacement de ses deux pièces de 7,62cm par trois pièces de 7,5cm FK16.

Description de la position

La Gi30 occupe le haut de la falaise de la pointe de Suzac, orientée vers l’entrée de l’estuaire avec ses batteries de 105mm et vers le port de Saint-Georges-de-Didonne pour les autres ouvrages. Sa position privilégiées au dessus de l’estuaire assure un tir croisé avec les positions situées sur l’autre rive et en particulier le canon sur rail situé au port bloc (Le Verdon-sur-Mer).

Déploiement opérationnel

Contrairement à d’autres forts français, par exemple le fort de Kerbonn dans la presqu’île de Crozon, les ouvrages du fort français ne vont pas être réutilisés à l’exception du local pour projecteur situé en contrebas, sur la falaise. Les casemates sont construites à l’avant du fort français.

Résumé des ouvrages

  • Un leitstand regelbau 636a
  • quatre battteries regelbau H671 équipés de canons d’origine française K331 de 105mm
  • trois casemates de tir H669 (deux sont équipées de canon 7,62cm GK307 d’origine russe)
  • une soute à munition regelbau H134
  • deux tobrouk VF58c
  • deux cuves VF61a pour mortier
  • trois pièces anti-aériennes (1x 2cm flak 38 et deux canon de même calibre KwK 38).
  • trois projecteurs : 35, 60 et 150cm.

Plan

relevé de 1947 (Rapport Pinczon du Sel)

Aujourd’hui

Le Fort de Suzac est un site préservé qui permet de découvrir cette position telle qu’elle est sortie de la guerre. Les nombreux bombardement ont surtout détruit l’ancien fort français dont il ne reste que peu de chose. Un seul ouvrage est dans le domaine privé le reste se visite librement. Depuis 2020, un circuit découverte a été installé à proximité des bunkers allemands avec un point de vue en hauteur permettant d’observer ces vestiges et l’estuaire.

Notes

(1) Royan-Pointe de Grave, Poches de l’Atlantique, Alain Chazette & Fabien Reberac, 2005, page 138.

Bibliographie

Royan-Pointe de Grave, Poches de l’Atlantique, Alain Chazette & Fabien Reberac, 2005

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